Fiscalité des crypto-actifs 2026 : contrôle, DAC 8 et saisies

Crypto-actifs et loi anti-fraude 2026

Fiscalité, contrôle et nouvelles saisies
La loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales comporte plusieurs mesures concernant directement les crypto-actifs.

Le mouvement est clair : les crypto-actifs sont progressivement intégrés aux outils traditionnels de contrôle et de recouvrement de l’administration fiscale.

Cette évolution intervient parallèlement à la montée en puissance des mécanismes européens de transparence, notamment DAC 8, qui vont permettre à l’administration de disposer de davantage d’informations sur les opérations réalisées par les contribuables.

À retenir Pour les détenteurs de crypto-actifs, l’enjeu ne concerne plus seulement la déclaration des gains.

Il concerne désormais également la transparence des plateformes, le contrôle fiscal et le recouvrement de l’impôt.

01 — FISCALITÉ
La fiscalité de certains crypto-actifs est précisée

La première évolution concerne certains actifs uniques et non fongibles, notamment les NFT.

Jusqu’à présent, leur qualification fiscale pouvait soulever des difficultés : actif numérique, bien meuble incorporel ou encore revenu professionnel selon les conditions dans lesquelles l’activité était exercée.

La réforme entend réduire ces incertitudes en précisant le traitement fiscal de certains crypto-actifs non fongibles.

Pourquoi est-ce important ? Le contribuable qui réalise des gains sur des crypto-actifs ne peut pas considérer que l’absence de qualification évidente de l’actif suffit à écarter toute imposition.

Il faut notamment déterminer :

  • la nature exacte de l’actif détenu ;
  • les conditions dans lesquelles il a été acquis et cédé ;
  • le caractère occasionnel ou habituel des opérations ;
  • le régime fiscal correspondant.
Point de vigilance Pour les contribuables réalisant un nombre important d’opérations, la conservation d’un historique précis des transactions devient essentielle.

02 — PLATEFORMES ÉTRANGÈRES
Les crypto-actifs détenus à l’étranger deviennent plus transparents

C’est probablement l’évolution la plus importante pour les particuliers.

Détenir des crypto-actifs sur une plateforme établie à l’étranger ne signifie pas que ces avoirs se trouvent hors de portée de l’administration fiscale française.

Les obligations déclaratives relatives aux comptes d’actifs numériques s’articulent désormais avec le développement des mécanismes européens d’échange d’informations.

DAC 8 Avec DAC 8, les prestataires concernés seront amenés à collecter et transmettre des informations sur les opérations réalisées par leurs utilisateurs.

Le changement est considérable

Pendant longtemps, certains contribuables ont pu penser qu’un compte ouvert auprès d’un exchange étranger était difficilement identifiable par l’administration.

Cette situation évolue.

INFORMATIONS TRANSMISES PAR LES PLATEFORMES

DÉCLARATIONS DU CONTRIBUABLE EN FRANCE

L’administration fiscale sera de plus en plus en mesure de rapprocher ces deux sources d’informations.

En pratique Une discordance entre les informations reçues par l’administration et les déclarations fiscales du contribuable pourra naturellement constituer un élément susceptible de déclencher un contrôle.

Le contribuable doit donc vérifier :

  • quels comptes de crypto-actifs il détient ou a détenus à l’étranger ;
  • quelles obligations déclaratives lui sont applicables ;
  • si les plus-values réalisées ont été correctement déclarées ;
  • s’il dispose des justificatifs permettant de retracer l’origine et les mouvements de ses actifs.
Situations complexes La difficulté est particulièrement importante en présence d’un historique ancien, de plusieurs plateformes ou de nombreux transferts entre wallets.

03 — SATD & RECOUVREMENT
Le fisc peut désormais appréhender plus directement les crypto-actifs

La réforme ne concerne pas uniquement le contrôle.

Elle concerne également le recouvrement de l’impôt.

La saisie administrative à tiers détenteur, ou SATD, permet au comptable public de saisir des sommes détenues pour le compte d’un contribuable débiteur par un tiers, notamment une banque.

La loi de 2026 adapte expressément ce mécanisme aux crypto-actifs conservés auprès de certains prestataires.

Le changement Lorsque des crypto-actifs sont conservés par une plateforme pour le compte de son client, l’administration dispose désormais d’un outil permettant de les appréhender dans le cadre du recouvrement d’une dette fiscale.

De la déclaration à la saisie

Jusqu’à présent, le débat relatif aux crypto-actifs portait principalement sur :

  • leur déclaration ;
  • l’imposition des plus-values ;
  • les comptes détenus à l’étranger ;
  • le risque de contrôle fiscal.
Une nouvelle question apparaît L’administration fiscale peut-elle saisir les crypto-actifs pour recouvrer une dette fiscale ?

Lorsque les actifs sont conservés auprès d’un prestataire, la réponse peut désormais être positive.

04 — WALLETS
Custodial, non custodial, cold wallet : les situations ne sont pas identiques

Une distinction demeure essentielle entre les crypto-actifs conservés auprès d’un intermédiaire et ceux dont le contribuable assure lui-même la conservation.

Wallet custodial Lorsque les crypto-actifs sont déposés auprès d’une plateforme qui détient les clés privées pour le compte du client, un tiers identifiable intervient dans la conservation.

C’est précisément ce tiers qui peut être destinataire d’une mesure de saisie.
Wallet non custodial / cold wallet La situation est différente lorsque le contribuable conserve lui-même ses clés privées, notamment au moyen d’un cold wallet.

Il n’existe alors pas nécessairement de prestataire détenant les actifs pour son compte auquel une SATD pourrait être directement adressée.

Cela ne signifie toutefois pas que ces crypto-actifs seraient juridiquement invisibles ou insaisissables.

À ne pas confondre Le mode de conservation des crypto-actifs ne modifie pas, à lui seul, les obligations fiscales du contribuable.

La déclaration des gains doit être distinguée du lieu ou du mode de conservation des actifs.

Crypto-actifs et contrôle fiscal : ce qui change réellement en 2026

Ces différentes évolutions doivent être rapprochées.

D’un côté, l’administration fiscale disposera progressivement de davantage d’informations grâce aux obligations déclaratives et aux échanges de données.

De l’autre, ses outils de recouvrement sont adaptés aux actifs numériques.

IDENTIFICATION DES COMPTES

TRANSMISSION DES INFORMATIONS

CONTRÔLE FISCAL

REDRESSEMENT ÉVENTUEL

RECOUVREMENT ET SAISIE
Enjeu principal Pour le contribuable, la question n’est donc plus seulement de savoir si l’administration connaît l’existence d’un compte ou d’un wallet.

Il faut pouvoir reconstituer et justifier l’ensemble de sa situation fiscale.

Quels documents conserver ?

Un détenteur de crypto-actifs a intérêt à conserver une documentation suffisamment précise pour retracer ses opérations.

Documents utiles
  • relevés des plateformes utilisées ;
  • historique des achats et cessions ;
  • transferts entre plateformes et wallets ;
  • adresses des wallets ;
  • justificatifs des apports en monnaie ayant cours légal ;
  • prix et dates d’acquisition ;
  • opérations de cession ;
  • documents permettant d’établir l’origine des fonds.

Cette documentation peut devenir déterminante plusieurs années plus tard en cas de contrôle fiscal.

Et en cas d’anciennes déclarations incomplètes ?

La situation doit être examinée avec prudence.

L’existence d’un compte étranger non déclaré ou de plus-values qui n’auraient pas été portées sur les déclarations fiscales ne signifie pas que toutes les situations sont identiques.

Avant toute régularisation Il convient préalablement de reconstituer :
  • les plateformes utilisées ;
  • les années concernées ;
  • les opérations réalisées ;
  • les gains effectivement imposables ;
  • les obligations déclaratives applicables à chaque période.

Ce travail permet de mesurer le risque fiscal avant d’envisager, lorsque cela est approprié, une régularisation de la situation.

L’essentiel à retenir

Crypto-actifs 2026 01. Une fiscalité davantage précisée
notamment pour certains actifs particuliers.

02. Une transparence accrue
avec les obligations déclaratives et la montée en puissance de DAC 8.

03. Des moyens de recouvrement renforcés
avec la possibilité d’appréhender certains crypto-actifs conservés auprès de prestataires.
En pratique Le principal enjeu est désormais de pouvoir démontrer la cohérence entre les actifs détenus, les opérations réalisées et les déclarations fiscales déposées.

Vous détenez des crypto-actifs ou un compte sur une plateforme étrangère ?

Le Cabinet accompagne les contribuables dans l’analyse de leurs obligations déclaratives, la reconstitution de leurs opérations sur crypto-actifs, la régularisation de situations antérieures et leur défense en cas de contrôle fiscal.


Cabinet Nathalie Aflalo
Avocate fiscaliste au Barreau de Paris
126 boulevard Haussmann – 75008 Paris
01 42 81 07 30

Nathalie AFLALO